Abstracts

Anomalie de l'expression des gènes régulateurs SHP-1, SHP-2 et SOCS-1 dans le plasmocyte malin : implication possible dans la pathogénie du myélome multiple et la progression clinique de la maladie

M. Ben Ahmed, C. Ben Ali, A. Beldi, A. Abdelkéfi, Y. Galai, M. Abdeladhim,I. Safra, S. Ladeb, T.Ben Othman, A. Ben Abdeladhim, H. Louzir.

Le myélome multiple (MM) est une prolifération lymphoïde maligne touchant les plasmocytes, stade ultime de différentiation des lymphocytes B. Il est actuellement largement admis que les principaux facteurs qui gouvernent la transformation maligne et la croissance des plasmocytes au cours du MM sont constitués, d'une part, d'aberrations chromosomiques aboutissant à la dérégulation de proto-oncogènes et d'autre part de signaux délivrés par les cytokines du micro-environnement médullaire, qui activent plusieurs voies de signalisation et supportent la prolifération et la survie de ces cellules. La dérégulation de la voie JAK/STAT3, impliquée dans la survenue de nombreuses hémopathies malignes, semble jouer un rôle important dans la pathogénie du myélome multiple. L'anomalie à l'origine de l'activation constitutive de cette voie est encore inconnue. L'objectif de notre travail a été d'étudier l'expression des régulateurs négatifs de cette voie, SHP-1, SHP-2 et SOCS-1 dans les plasmocytes malins et normaux afin de rechercher une éventuelle anomalie d'expression de ces régulateurs à l'origine de l'activation exagérée de cette voie. L'analyse de l'expression des gènes étudiés a été réalisée par RT-PCR quantitative en temps réel sur les plasmocytes isolées à partir des prélèvements médullaires de dix patients atteints de MM et de cinq donneurs sains. Les résultats obtenus montrent une inactivation constante de l'expression des gènes régulateurs SHP-1 et SHP-2 au cours du MM. L'inactivation des phosphatases SHP-1 et SHP-2, résultant probablement d'un mécanisme commun comme le suggère la corrélation étroite entre les niveaux d'expression de ces deux gènes, semble une condition nécessaire à la transformation maligne des plasmocytes L'inhibition de l'expression de SOCS-1, retrouvée chez 60% des patients, confortent les données récentes démontrant l'hypeméthylation du gène SOCS-1 chez une même proportion de patients. Cette inactivation, fortement corrélée au stade de la maladie, correspondrait à la mise en place d'un mécanisme d'échappement à la régulation de la voie JAK/STAT3 expliquant l'activation accrue de cette voie et la progression de la maladie. L'étude d'un plus grand nombre de patients et de donneurs sains est actuellement en cours. L'étude parallèle de l'activation de la voie STAT3 nous permettra de confirmer le rôle clé de l'inhibition de SOCS-1 dans l'activation exagérée cette STAT3 et le suivi de la réponse au traitement sera utile pour étudier la corrélation entre l'expression de SOCS-1 et la chimiorésistance.
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